11/08/2008
Allen Ginsberg - Father Death Blues
Father Death Blues
Hey Father Death, I'm flying home
Hey poor man, you're all alone
Hey old daddy, I know where I'm going
Father Death, Don't cry any more
Mama's there, underneath the floor
Brother Death, please mind the store
Old Aunty Death Don't hide your bones
Old Uncle Death I hear your groans
O Sister Death how sweet your moans
O Children Deaths go breathe your breaths
Sobbing breasts'll ease your Deaths
Pain is gone, tears take the rest
Genius Death your art is done
Lover Death your body's gone
Father Death I'm coming home
Guru Death your words are true
Teacher Death I do thank you
For inspiring me to sing this Blues
Buddha Death, I wake with you
Dharma Death, your mind is new
Sangha Death, we'll work it through
Suffering is what was born
Ignorance made me forlorn
Tearful truths I cannot scorn
Father Breath once more farewell
Birth you gave was no thing ill
My heart is still, as time will tell.
Allen Ginsberg
www.allenginsberg.org/
10/30/2008
patchwork pieces - dedicated to the Dude

I’ll walk uphill
in the Santa Cruz mountains
“Mansion on the Hill” buzzing in my head.
The Loner’s presence filling space and timelessness altogether.
and as I’ll look at Half Moon Bay at dusk
all will fall into place.
It’ll be a good twilight.

J’irais dans les montagnes de Santa Cruz
regarder le soleil se coucher sur Half Moon Bay.
Et peut-être qu'en redescendant vers l’un des bars
« Mansion on the Hill » résonnera dans ma tête
tandis que la présence du Loner enveloppera le paysage
d’une aura d’appartenance, d’un parfum de justesse.
Tout sera bien. Chaque chose, y compris moi, à sa place.
Ce sera un beau crépuscule.
4/01/2008
La poule et le pichet.

La poule vient de trouver une fourchette. Etonnée devant l’objet elle pressent qu’il faut le regarder pour un quelconque intérêt sans pouvoir parvenir à extraire de sa contemplation le moindre sens.
A y réfléchir d’un peu plus près l’analogie ne tient pas, ou plutôt demanderait à être inversé. Ce qui saisit ici ce n’est pas la complexité de l’objet dépassant de loin les capacités mentales d’un gallinacé par ailleurs en tout point estimable. C’est la simplicité de l’objet qui interpelle une fonction mentale à l’effervescence quasi constamment brouillonne.
Ici, pas d’effet de sens ; pas de sens si ce n’est celui, diffus mais assourdissant de sa pleine évidence et donc de sa totale justification… pour autant qu’il en faille une en dehors de celle d’exister. Rarement pichet n’a eu l’air aussi solidement campé que sur cette table. Rarement présence n’a été aussi imposante dans son extrême simplicité. Simplicité qui vient s’imposer à la luxuriance de notre complexité et nous assène cette vérité fracassant les cieux : ce pichet sert de l’eau.
2/09/2008
Little Wing forever

voltigeant dans des volutes orangées et mauves,
pourpres plus ou moins profonds,
riffs déchirant la nuit trop fatiguée,
Little Wing décolle du Winterland -
décembre 68 -
et atterrit, rosée de glace,
sur cette nuit usée et
heureusement éthylique
du 07 février, tard.
whisky, bières
et pipe au tabac consacré par les guitares
des Bouchards, Young et autres Jimmy improbables
la journée fut, elle, consacrée
aux ados lumineux du bled isolé -
ce sont deux euphémismes -
alors ce soir
place à la gratuité
coule la boose et up les tobacco smokes
on termine ces quelques mots sur Steve R Vaughan
se prosternant devant - encore -
Little Wing...
... oui, décidément,
même au creux de la fatigue
la magie vient toujours se nicher.
.... well she's walking,
through the clouds....
12/26/2007
Anniversaire
Jusqu'à aujourd'hui, date de mon 43ème anniversaire, je ne m'étais jamais aperçu d'un fait tout simple... mais naturel, et, en vérité, même, cosmique, je suis né au moment où la lumière recommence déjà à croître. Un 26 décembre à 7h14 du matin(... et à Albi, dans le Tarn en France au cas ou quelque astrologue de passage se piquerait d'établir mon thème de naissance).
Ça me plaît. Etre né au moment ou la lumière devient plus présente dans le monde. Les jours rallongent et l'on monte, lentement encore, mais déjà délicieusement vers les promesses d'un printemps lui-même annonciateur d'une plénitude de farniente estival.
Pour l'heure, nous sortons juste de l'obscurité. Il y fait sombre, il y fait froid et ce n'est d'ailleurs pas, à franchement parler, désagréable. J'ai passé, et passerai encore, quelques très belles nuits à marcher dans la campagne, pipe au bec, savourant tout à la fois, froideur, étoiles, pénombre, immobilité nocturne, bruissement de quelques animaux et surtout, surtout, ce frémissement quasi-imperceptible d'un cosmos ronronnant d'une activité indicible... à moins qu'il ne s'agisse des bruits de la ville voisine? Et puis, du plus profond de la nuit, toujours, des coeurs en veille célèbrent en silence... quoi? Rien de particulier d'ailleurs, ils célèbrent.
Je suis né au moment où les jours rallongent... au tout début. Et ça me plaît bien parce que j'y vois un reflet de ce que mon tempérament et ma vie ont été jusqu'à aujourd'hui, date donc, je vous le rappelle, de mon anniversaire. Une lente sortie de la nuit, dont toujours je semble n'émerger qu'à peine. On pourrait s'en désoler, je m'en contente. Bien largement. Sortir de la nuit, aller vers la lumière, le simple mouvement a de quoi soulever les enthousiasmes les plus engourdis. Moi dans ma vie je suis plutôt laborieux. Loin de certains de mes amis qui font tout dans un tourbillon d'énergie et de motivation forcenée, j'agis à l'image de cette lumière fragile qui commence à poindre dans l'obscurité... petitement, faiblement, en me demandant bien souvent en moi-même comment il se fait qu'elle ne s'éteigne pas, environné par le poids de tant de ténèbres... qui, pour le coup, apparaissent moins amicales.
Bref tout ça pour dire, que ce matin, pour la première fois de ma vie, je me souhaite un bon anniversaire. L'anniversaire d'un bonhomme qui aura eu la chance somme toute, de croître au sein d'une belle et froide nuit d'hiver (oui, elle était belle, à mes propres yeux je veux dire, puisque j'y suis né) et donc, comme pour chacun d'entre nous qui lançons notre premier inspir dans cette vaste étendue, de commencer à luire au sein de la nuit de notre petit monde.
Ça me plaît. Etre né au moment ou la lumière devient plus présente dans le monde. Les jours rallongent et l'on monte, lentement encore, mais déjà délicieusement vers les promesses d'un printemps lui-même annonciateur d'une plénitude de farniente estival.
Pour l'heure, nous sortons juste de l'obscurité. Il y fait sombre, il y fait froid et ce n'est d'ailleurs pas, à franchement parler, désagréable. J'ai passé, et passerai encore, quelques très belles nuits à marcher dans la campagne, pipe au bec, savourant tout à la fois, froideur, étoiles, pénombre, immobilité nocturne, bruissement de quelques animaux et surtout, surtout, ce frémissement quasi-imperceptible d'un cosmos ronronnant d'une activité indicible... à moins qu'il ne s'agisse des bruits de la ville voisine? Et puis, du plus profond de la nuit, toujours, des coeurs en veille célèbrent en silence... quoi? Rien de particulier d'ailleurs, ils célèbrent.
Je suis né au moment où les jours rallongent... au tout début. Et ça me plaît bien parce que j'y vois un reflet de ce que mon tempérament et ma vie ont été jusqu'à aujourd'hui, date donc, je vous le rappelle, de mon anniversaire. Une lente sortie de la nuit, dont toujours je semble n'émerger qu'à peine. On pourrait s'en désoler, je m'en contente. Bien largement. Sortir de la nuit, aller vers la lumière, le simple mouvement a de quoi soulever les enthousiasmes les plus engourdis. Moi dans ma vie je suis plutôt laborieux. Loin de certains de mes amis qui font tout dans un tourbillon d'énergie et de motivation forcenée, j'agis à l'image de cette lumière fragile qui commence à poindre dans l'obscurité... petitement, faiblement, en me demandant bien souvent en moi-même comment il se fait qu'elle ne s'éteigne pas, environné par le poids de tant de ténèbres... qui, pour le coup, apparaissent moins amicales.
Bref tout ça pour dire, que ce matin, pour la première fois de ma vie, je me souhaite un bon anniversaire. L'anniversaire d'un bonhomme qui aura eu la chance somme toute, de croître au sein d'une belle et froide nuit d'hiver (oui, elle était belle, à mes propres yeux je veux dire, puisque j'y suis né) et donc, comme pour chacun d'entre nous qui lançons notre premier inspir dans cette vaste étendue, de commencer à luire au sein de la nuit de notre petit monde.
Le Slip du Sage de la Montagne

"Quelle est votre nature réelle?
Est-elle d'écrire, de marcher ou bien
est-elle tout simplement d'être?
La réalité unique et inaltérable est le fait d'être.
Tant que vous n'aurez pas réalisé ce niveau d'être
à l'état pur, vous devrez poursuivre votre enquête."
Ramana Maharshi (1879-1950)
Il se tient debout, appuyé sur sa canne. Ses deux pieds bien campés sur le sol de la campagne indienne. Aucune tension ne se dégage du personnage. Plutôt le contraire.
Pourtant on pourrait être pour le moins tendu si, comme lui, et même avec l’appui d’une canne pour soutenir notre moral nous étions là, offert au regard de tous, vêtu d’un unique slip. C’est ainsi. Ramana était en slip, apparemment une grande partie de sa vie et ça ne semblait pas le gêner. Ça n’a l’air de rien un homme en slip… pourtant le temps passe et je vois bien que je fais une fixation sur cette photo… Ramana en slip…. Comme une litanie obsédante, voire envoutante, je deviens, au fil des ans, le voyeur du grand Rishi, celui qui Voit. Ramana en slip…. Me viennent en écho des rêves où je me voyais, ça m’arrive encore parfois, marchant nue dans une rue, tremblant de honte d’être vue et sachant que je ne peux pas faire autrement, affectant le naturel le plus confondant, comme si être à poil allait de soi. Moi, nu dans mes rêves pétant de honte, et Ramana à l’aise dans la réalité et dans ses baskets - je veux dire dans son slip - comme si celle-ci n’était qu’un rêve. On mesure les différences d’altitudes. Dans quelle étoffe cet homme devait-il être taillé, pour n’en porter, sa vie durant, qu’un si petit bout ?
Le slip de Ramana, clame discrètement la primauté de l’être sur quelque forme d’avoir qui prétendrait s’y substituer. Non pas le slip d’un homme mortifié par un quelconque ascétisme, ou s’infligeant d’absurdes privations mais celui d’un homme à l’intelligence claire, au cœur ouvert et qui n’avait besoin de rien de ce que le monde avait à offrir.
De lui et de moi, nul doute n’est permis : c’est Ramana qui porte la culotte. Moi je ne porte que des vêtements.
La photo du Maharshi, le Grand Voyant, est un appel séduisant. Ce slip qui, irrésistiblement, m’attire et m’appelle, semble me dire, “Oui, mon fils, toi aussi, un jour, tu seras digne de me porter”… on peut rêver.

www.ramana-maharshi.org
8/08/2007
7/28/2007
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